lundi 13 juin 2011

Karambolage : gâteau aux fraises allemand et brumisateur français



LES TEXTES !
le premier objet : le "Erdbeerkuchen"


C’est la saison des fraises ! Corinne Delvaux en profite pour vous présenter le gâteau allemand le plus rapide du monde à faire, top chrono, c’est parti !



Aujourd’hui, c’est dimanche, et notre ami allemand s’apprête à se faire un petit après-midi pépère, "gemütlich", à la maison, devant la télévision. Ah, voilà qu’on sonne à la porte. Oh la chance ! Voilà sa petite-nièce qui débarque avec sa progéniture ! Ça alors, quelle bonne surprise ! Comme notre ami semble réjoui de cette visite à l’improviste !

Eh bien, il va bien falloir leur offrir le sempiternel "Kaffee und Kuchen" du dimanche, le café et les gâteaux. Mais notre ami n’a rien prévu. Quel pétrin ! Comment faire ? Ah, notre ami semble avoir une idée ! Suivons-le à la cuisine. Regardez-le fouiller dans ses placards… que peut-il chercher ?

Ah, on dirait que notre ami a trouvé quelque chose ! Qu’est-ce que c’est que ça ? Il nous brandit un objet rond et un petit sachet. L’objet rond ? C’est un "Feiner Biskuitboden", un socle de fine génoise. Et le petit sachet, c’est un "Tortenguss mit leckerem Erdbeergeschmack", un nappage de tarte au délicieux goût de fraise du Dr Oetker.

Regardez, le voilà qui extrait de l’emballage un fond de génoise - en allemand on dit "Biskuit" ; un superbe fond de tarte bien souple, déjà en forme avec de jolies ondulations sur le pourtour, un fond déjà cuit, léger et appétissant. Notre ami allemand s’empare de ces belles fraises bien rouges posées là comme par hasard, et il commence à les placer bien régulièrement sur le fond de tarte. Comme il fait ça avec soin, c’est tout simplement magnifique. Miam ! Bon, passons au sachet. C’est une poudre blanche à laquelle notre ami ajoute un peu de sucre et un peu d’eau. Oh, vous voyez ? Comme par magie, la préparation devient toute rose ! Incroyable ! Quelques bons coups de fouet et hop ! dans la casserole !

Bon, notre ami remue consciencieusement. Ah, visiblement, ça commence à prendre. Encore quelques secondes, regardez, la consistance semble maintenant gélatineuse à souhait. Sans plus attendre, notre ami verse cette préparation d’un rose maintenant quasiment fluo sur son gâteau, il faut la répartir harmonieusement… voilà. Il suffit d’attendre maintenant un petit quart d’heure… Et voilà, regardez, la gélatine s’est solidifiée. Vous voyez, une sorte d’enduit caoutchouteux enserre fermement les fraises, notre ami peut même s’amuser à faire faire des loopings à la tarte, ça tient bon !

Voilà, vous venez, chers amis français, de faire connaissance avec le célèbre "Erdbeerkuchen" ou "Erdbeerboden", le gâteau de fraises réalisé en deux temps trois mouvements, le secret de toute ménagère allemande qui se respecte. Vous voulez savoir quel goût ça a ? Goûtez vous-même car Karambolage se gardera bien de prendre officiellement position sur cet épineux sujet qui divise profondément la rédaction.


Texte : Corinne Delvaux

Image : Claire Doutriaux, Claude Delafosse
Avec : Jacques Falgous


Le deuxième objet : le brumisateur



Dans 10 jours, ce sera l’été. Et l’été, en France, il arrive que les gens se rafraîchissent à l’aide d’un brumisateur d’eau minérale. Une chose incompréhensible pour Nikola Obermann.



La première fois que j'ai vu une femme se servir d’un brumisateur Evian, j’en avais le souffle coupé : j’ai cru qu’elle se mettait du déodorant en pleine figure ! Ma deuxième surprise, je l’ai eue lorsqu’on m’a expliqué ce qu’il y avait à l’intérieur de ce brumisateur : de l’eau minérale !

Ah. De l’eau minérale. J'étais sidérée. Il faut comprendre d'où je venais : j'étais une jeune allemande qui avait reçu sa conscience écologique avec le lait maternel, pour ainsi dire. Je triais mes ordures, je faisais du vélo, je mangeais bio, et maintenant ça !

Eh oui, je trouvais hallucinant de fabriquer des bombes en aluminium pour de si petites quantités d’eau, puisque la production d’aluminium est vraiment très polluante. Et puis, je n’en revenais pas du prix de l’objet : 50 ml à 3 euros, eh bien, ça vous fait le litre d’eau minérale à 60 euros ! Autant s’asperger avec du champagne !

Mes copines françaises ne comprenaient pas. "Mais ça rafraîchit et ça hydrate la peau !". Eh ben, si ça rafraîchit et que ça hydrate la peau... Et puis, comme pour se racheter une conscience, elles ajoutaient : "Tu sais, ce n'est pas uniquement un luxe pour la plage, ça s'utilise surtout pour les bébés ! Pour éviter qu'ils n’aient trop chaud l’été !" Alors, les étés sont probablement beaucoup plus froids en Allemagne, car je n'avais jamais vu de bébé allemand se faire asperger d'eau minérale en brumisateur...

D’ailleurs, quand j’en parlais à Marion, une copine allemande, elle me disait juste : "Ils sont fous ces Français". Bon, avec le temps, je me suis habituée à la vue du brumisateur sur les plages arrière des voitures, dans les sacs de plage et dans les landaus français. J'ai même constaté l'avènement de la chose en Allemagne, certes dans une moindre mesure. Là-bas c'est un objet de luxe très chic et très français, que l’on ne trouve évidemment pas dans n’importe quel supermarché, comme c’est le cas en France.

Bon, lorsque j’ai appris que le brumisateur Evian, inventé en 1962 par deux pharmaciens, était à l’origine destiné à un usage clinique pour traiter des gens avec des problèmes dermatologiques graves et des grands brûlés, j’ai arrêté de le considérer uniquement comme une lubie superflue. Et je me suis presque rabibochée avec l'objet de mon courroux. Mais pas au point d'en acheter, bien sûr.

Quoique... Il y a eu un moment, où même moi, j'ai éprouvé le besoin de m'acheter un brumisateur Evian : pendant la grande canicule en 2003. Mais, dans mon supermarché, vous vous en doutez, il n'en restait plus un seul ! Pas de la marque Evian, ni Vittel, ni d’aucune autre marque. C'était tout simplement la pénurie ! Alors j'ai pris mon bon vieux vaporisateur pour plantes, je l'ai rempli d'eau et je me suis aspergée avec. Et figurez-vous, ça rafraîchit et ça hydrate la peau merveilleusement bien.


Texte : Nikola Obermann

Image : Marion Turbat

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